|
|
C'est l'accès au défibrillateur qui compte. par le Dr Jean-Pierre RIFLER.
L'arrêt
cardio-respiratoire, c'est l'urgence absolue, qui va évoluer très rapidement vers la mort si on ne fait rien. Toute action citoyenne du premier témoin peut être salutaire. Face à ces
constatations, il a été décidé à Montbard non seulement de former le plus de citoyens possible aux gestes de premier secours mais aussi de mettre
à disposition du public des défibrillateurs automatiques afin d'améliorer les chances de survie.
|
|
|
L'expérience de Montbard Montbard est
une ville bourguignonne de 6 500 habitants et disposant d'un centre hospitalier. L'implication du service des urgences depuis 1997, en collaboration avec la Croix-Rouge locale depuis 2001, a
permis de former aux gestes élémentaires de survie (GES) plus de 30 % de la population. Puis en 2001, nous avons convenu avec la Croix-Rouge de rester sur une formation courte IPS (Initiation
aux premiers secours) en 1 heure 30.
La barre des 30 % de la population formée a été atteinte en 2002, nous avons donc voulu évaluer l'impact de cette formation sur les chances de
survie après arrêt cardio-respiratoire (ACR). Nous avons répertorié tous les ACR ayant bénéficié d'une tentative de réanimation par le SMUR durant les trois dernières années. le premier
témoin avait débuté les GES après avoir prévenu les secours. Tous les survivants ont été pris en charge sur la commune siège du SMUR. Tous ont été défibrillés en moins de 6 minutes après
l'arrêt cardio-respiratoire.
Malgré 30 % de population formée, les taux de survie sont loin d'atteindre ceux des sites étrangers adeptes du " Public Access Defibrillation ".
En novembre 2004, c'est donc 1 525 sujets que nous avons formés en partenariat avec la Croix-Rouge française à l'utilisation du DEA (défibrillateur entièrement automatique) en sus de la
formation classique aux GES.
C'est l'implication de tous qui a permis à ce projet de voir le jour, en particulier François Sauvadet, député de la circonscription et Michel Protte,
maire de Montbard. Tous deux ont toujours été à mes cotés pour mener à bien cette aventure humanitaire.
Il faut prendre exemple sur ce qui donne satisfaction ailleurs, aussi nous avons
décidé de poser, le 20 juillet 2005, six défibrillateurs automatiques en des lieux stratégiques de la ville de Montbard (gare TGV, mairie, hôtel-restaurant, salle polyvalente et deux
centres sportifs). Ces lieux sont répartis géographiquement sur la commune, sont accessibles pendant les heures d'ouverture (24h/24 pour l'hôtel de l'Ecu et la mairie) et sont surtout
sécurisés
La formation de masse a été réitérée les 13 et 14 octobre 2005 et cette fois, c'est 1 758 sujets formés (pour 771, c'était une réactivation mémoire et leurs acquis ont pu
être évalués), soit un total de 987 nouveaux formés.
L'égalité des chances de survie ne doit pas dépendre du lieu d'habitation. N'oublions pas que 80 % des arrêts cardiaques ont lieu
au domicile (13), c'est pour cela qu'il faut des défibrillateurs facilement accessibles partout (bornes dans les mairies des villages)
La force de persuasion et la conviction du député
François Sauvadet a permis de faire évoluer les mentalités, ainsi, il est dorénavant obligatoire d'enseigner le secourisme à l'école (25, 26), modification intervenue grâce au dépôt de sa
proposition de loi (17). Il ne reste plus au ministère de modifier le décret (27, 28) afin que la défibrillation devienne un acte citoyen et ne soit plus réservée aux seuls professionnels de
la santé ou du secourisme, qui, pour des questions géographiques et techniques arrivent souvent malheureusement trop tard. - Dr Jean-Pierre RIFLER
|