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Extrait "Il est
certes difficile d'aborder la question des usages pour une collectivité territoriale. En effet, pour des responsables politiques, cette expression renvoie à une notion floue, difficilement
cernable. Les différences - et les inégalités - sociales et culturelles restent fortement déterminantes dans l'appropriation des techniques et des services. Mais celles-ci, de manière
générale, sont rarement prises en compte dans les politiques publiques locales, ou du moins n'apparaissent pas en tant que telles, elles vont à l'encontre de la dimension consensuelle des
actions menées en matière de TIC.
En outre, les usages se forment sur le long terme et s'inscrivent dans des pratiques sociales (les activités professionnelles, les activités
ludiques...) qui dépassent le cadre des domaines d'intervention des collectivités territoriales. Les élus, eux, sont tentés par le temps court et par des actions visibles.
Enfin, en
plus de leur côté insaisissable au premier abord, les usages revêtent une forme d'indécidabilité qui compliquent les choix politiques (les usages intensifs de quelques-uns seront-ils les
mêmes dans quelques années ? sont-ils représentatifs de ceux d'une population ?) ; les choix politiques par ailleurs sont eux-mêmes soumis au caractère sans cesse innovant et fluctuant des
techniques. Ainsi le terme d'usages est-il employé dans son acception la plus simple et renvoie aux potentialités des techniques, à leur utilisation et non à des pratiques récurrentes,
stabilisées et partagées.
Le manque d'analyse concernant les pratiques des utilisateurs pose cependant un double problème : celui de n'envisager les pratiques qu'à travers les
représentations qu'en ont les promoteurs des nouvelles techniques, celui encore plus inquiétant d'un décalage, entre d'une part les pratiques effectives, d'autre part les représentations des
concepteurs de produit ou de services innovants."
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